Cinéphilo · Voir autrement
Inconscient optique, ralenti, aura, acteur et esthétique de la guerre : cinq entrées dans un même texte.
Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, 1936, traduction de Pierre Klossowski publiée dans la Zeitschrift für Sozialforschung. Les numéros de sections ci-dessous renvoient à cette version française.
« C’est elle qui nous initie à l’inconscient optique comme la psychanalyse à l’inconscient pulsionnel. »
La caméra révèle des dimensions du geste et de l’espace que la perception ordinaire ne saisit pas. Le gros plan et le ralenti font découvrir des structures et des mouvements insoupçonnés.
Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, section XVI. Lire le texte source.
« […] qui, loin de représenter des ralentissements de mouvements rapides, font l’effet de mouvements singulièrement glissants, aériens, surnaturels. »
Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, 1936, traduction de Pierre Klossowski, section XVI, p. 59. Benjamin cite ici Rudolf Arnheim, Film als Kunst (1932), p. 138. Lire le passage complet dans le texte source.
« apparition unique d’un lointain, si proche soit-il »
Benjamin relie l’aura à la présence singulière d’une œuvre, à son lieu et à son histoire. La reproduction transforme cette expérience en rendant les images transportables et accessibles en de multiples situations.
Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, sections II et III. Lire le texte source.
L’acteur de cinéma affronte l’appareil plutôt que le public du théâtre. Son jeu est testé, fragmenté et recomposé au montage. Benjamin y examine une épreuve moderne : conserver son humanité sous le contrôle des machines.
Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, sections X, XI et XII. Lire le texte source.
Benjamin cite Marinetti, qui glorifie la guerre et la transformation métallique du corps humain. Il critique ensuite cette esthétisation politique : la puissance technique peut faire de la destruction de l’humanité un spectacle pour elle-même.
Attribution : l’éloge de la guerre appartient au manifeste de Marinetti cité dans ce passage. La critique qui suit est celle de Benjamin.
Walter Benjamin, L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée, section XIX, conclusion. Lire le texte source.